Dans le cadre du projet de recherche EnCiLowCarb : Engaging Civil Society in Low Carbon pathways, Mathy, Bibas et Fink ont publié un rapport intérmédiaire faisant le point sur les Scénarios de réduction d’émissions de gaz à effet de serre pour la France. Que disent ces scénarios à propos du CCS ?
  • Si on veut atteindre le Facteur 4 de réduction des émissions en 2050 sans CCS, alors il faut complétement abandonner le charbon (p. 92).
  • Dans le rapport Syrota (2007, p. 421) le recours à la CCS permet de passer d'un facteur d'environ 2,4 à 3,8 (scénario volontariste, modèle MedPro-POLES).
  • Dans le rapport du groupe Facteur 4 (MIES, 2004), si le CSC est permis alors cela relache la pression exercée par la contrainte carbone sur les autres secteurs (p. 79 du rapport EnCiLowCarb), car il est utilisé en grand: 123 voire 200 Mt CO2 de réduction en 2050.
Ces propositions doivent être abordées avec la prudence convenant aux résultats d'études prospectives à très long terme. Les auteurs du rapport Syrota (2007) écrivent que le modèle MedPro-POLES n’atteint, dans le scénario volontariste étudié, le facteur 3,8 que grâce au recours à la production d’électricité par des centrales à charbon associées à de la séquestration à hauteur de 60 Mt en 2050. Sans cette séquestration, le scénario aboutit au facteur 2,4. Mais dans cette hypothèse, il y aurait lieu de faire tourner à nouveau le modèle pour obtenir un facteur 3,5 à 4 en utilisant différents recours : biomasse chaleur décentralisée, biocarburants, augmentation modérée de l’électricité nucléaire, etc., et avec l’aide éventuelle d’une valeur carbone propre au modèle plus élevée. . Pour Mathy et al. (p. 46), Ceci est révélateur de l’incapacité de ces modèles à représenter des bifurcations aux niveaux de la demande d’énergie. Avec de tels niveaux de réductions d’émission et de tels prix du carbone, il est peu envisageable de pouvoir se contenter de raisonner à demande exogène fixée pour Syrota‐Markal ou avec une demande évoluant selon une élasticité prix de la demande calibrée sur le passé pour Enerdata et Syrota‐Med‐Pro alors que les demandes vont forcément connaître de fortes bifurcations et réorientations dans un contexte de Facteur 4.