Peu de gens réalisent qu'il existe déjà beaucoup de gisements souterrains de CO2, naturels. Amener cet argument dans le débat est scientifiquement et psychologiquement important. Toutefois je voudrais en circonscrire la portée. Ce n'est pas l'argument massue qui va faire basculer tous les CCSceptiques.

En effet, les analogues naturels livrent un message ambigü. On peut bien dire que du CO2 a été stocké pendant des temps géologiques. Par acquis de conscience scientifique, je demande déjà à vérifier et à voir la datation au C-14 du contenu des gisement. Mais surtout, les analogues montre bien que le CO2 remonte à la surface — voir à Montmirail, ou la grotte du chien. Ces remontées peuvent être éruptives, comme dans les geysers. Et même provoquer des catastrophes, comme au Tchad. L'argument de l'existence d'analogues naturels est donc à avancer avec circonspection.

D'autre part, la psychologie montre en effet qu'un risque famillier est moins craint qu'un risque mathématiquement égal mais nouveau. La psychologie montre aussi qu'un risque artificiel est plus craint qu'un risque naturel, et qu'un risque imposé est moins accepté qu'un risque perçu. Dire que le risque lié au CO2 souterrain existe est vécu et géré depuis des siècles par certaines communautés, comme d'autres manifestations volcaniques, peut rassurer sur la première dimension. Mais la force de l'argument est limitée car le risque n'est pas comparable sur les deux autres critères. Injecter du CO2, c'est une action humaine, qui peut impacter d'autres humains.