Amsterdam, 19 mai 2010. Une quarantaine de participants, beaucoup d'industriels.

Les présentations du matin étaient sans surprises:

  • Eric Drosin a parlé de la ZEP, je lui ai demandé un trackback sur son fil de news. Il serait très intéressé par des chiffres sur l'emploi créé.
  • David Reiner (Cambridge) a parlé de l'engagement du public en Europe.
  • J'ai présenté le cas de Lacq.
  • La session de questions-réponses avec Mrs Poppy Kalesi, Programme Manager CCS, EC DG ENER était blanche, pas d'annonce fracassante. Pas d'avis sur la valorisation/réutilisation du CO2. Il y a probablement moyen, par exemple via la European CO2 capture, transport and storage initiative, qu'ils nous aident à demander une aide (€) une rencontre visant à réseauter les SIG CCS en Europe.
  • Déjeuné à côté de Tore Torp, de Statoil, un personnage qui a suivi l'industrie et l'économie du CCS depuis longtemps. Intervenant idéal par exemple pour le séminaire doctoral Franco-Norvégien de la chaire CTSC.
  • Arnout Jaspers, journaliste scientifique à NWT, a parlé de Barendrecht. Le Blow Out ! avec éruption en couverture de son magazine avait attiré l'attention en avril 2009, il fait remarquer que Nature a repris le concept sur sa couverture de la semaine suivante. S'avère aussi un bon orateur sur ce cas qui est en attente du résultat des élections nationales. Et même si la droite l'emporte et le nouveau gouvernement confirme qu'ils passent outre l'avis des élus locaux, on n'est pas sûr que la Shell continue le projet contre l'opinion publique. Facteurs sociaux défavorables: densité de population, la zone d'injection est entourée de digues sauf sur le côté qui donne sur la cité voisine, et le puits d'injection crée zéro emplois (c'est automatisé !). Autres griefs: le modèle utilisé (obligation légale) pour calculer la dispersion du CO2 est en 2D, la Ministre a mal communiqué au début de l'affaire, Shell monte la mise en disant 'si on peut le faire ici, on va le faire partout, sinon nulle part'.

Au fil des discussions:

  • J'ai parlé du résultat principal du sondage: la connaissance a quasi triplé, l'approbation n'a pas bougé.
  • Mise en avant de la nécessité de découpler le CCS du charbon. La technologie est aussi importante pour les acieries, les cimenteries. C'est encore plus vrai en France. On a cité un manque de confiance qui fait que des ONGs sont contre la CCS parce qu'elles pensent que c'est de la fumée pour faire passer des projets de centrales charbon sans CCS.
  • Le manque de diversité et de débat critique dans l'expertise sur le CCS est un problème en Hollande (aussi).
  • Qui doit faire la communication du CCS, si les industriels et le gouvernement ne sont pas crédibles, les chercheurs et les ONGs n'ont pas les moyens ni la volonté, la question reste posée. Le GCCSI pense à lancer une campagne internationale.
  • Le GCCSI, encore lui, cherche un projet en EU pour organiser un séminaire de deux jours sur les bonnes pratiques de communication et d'engagement du public et ensuite le suivre.
  • Un besoin de recherche: valider les modèles de dispersion atmosphérique avec un essai de relargage en grand. CATO va y penser, Statoil et le UK HSE aussi. J'espère que l'INERIS lit ce blog...
  • Les royalties/compensations ne sont toujours pas décidées.

Un bon congrès, c'est toujours l'occasion d'un remue-méninge sur les pistes à surveiller. En plus des sujets précédents bien sûr, si vous avez du temps de cerveau disponible on pourrait réfléchir ensemble à:

  • La réutilisation/valorisation.
  • La mise en réseau des GIS.
  • Les conflits d'usage du sous sol (aspects sociaux).
  • La planification. Est-il temps de forcer les responsables des collectivités locales à plancher sur "la perspective du CCS chez moi" dans le cadre des plans énergie-climats par exemple.