Dans un édito publié par Nature début janvier, Heleen de Conink appelait les chercheurs sur le CCS à conserver une posture critique et à ne pas se faire instrumentaliser comme des avocats de la technologie. Il y a besoin d'une expertise indépendante reconnue et l'industrie fossile qui joue gros a les moyens d'un lobbying efficace.

Mes observations corroborent ces remarques. Je ne vois pas en France d'équipes scientifiques compétentes sur le CCS qui n'ont jamais participé à un projet avec un ou des industriels. Et je n'ai jamais rencontré dans le domaine de lobbyiste moins que charmant et efficace.

Nous les scientifiques devons faire d'autant plus attention que la presse a un effet grossissant. En 2008 l'Ecologiste qualifiait le CIRED —votre serviteur— comme un instrument de l'État aux service des industriels (Mae-Wan, 2008, Le Stockage du CO2 est il une Solution). Et aujourd'hui dans How the World's Oil Giants Are Selling the 'Captured Carbon' Dream, le journal canadien TYEE expose les résultats du séminaire "Communicating CCS" de Novembre à Paris comme un effort mondial pour convaincre le public qu'une technologie non prouvée va permettre d'avoir les énergies fossiles et la protection du climat. C'est un complot !

Pourtant, on sait aussi faire déplaisir aux industriels. En ne se retirant des projets quand notre indépendance serait questionnable, en organisant des évènements publics ouverts sans avoir cadré avec eux de communication préalable, en calculant le nombre de morts attendus par la technologie...