Retour sur les conférences CSC 2009
Par HD Minh le mercredi 24 mars 2010, 20:41 - Lien permanent
Un séminaire sur les conférences CSC 2009 était organisé par la Chaire CTSC ce matin mercredi 24 mars à Mines ParisTech. On a beaucoup vu le logo du programme IEA GHG, ils sont vraiment une force animatrice de la recherche internationale dans notre champ.
De la présentation sur le séminaire IFP Deep Saline Aquifers for storage de Mai 2009, je retiens cinq techniques pour faciliter l'injection, c'est à dire éviter une surpression excessive:
- L'aspirateur: On fore des puits de "production de saumure" qui enlèvent l'eau pour faire de la place au CO2 (et avec cette eau on fait quoi ?).
- Le prélavage: Avant d'injecter le CO2, on peut injecter de l'eau douce 10 heures pour pousser la saumure autour du puits, et éviter ainsi la précipitation de sel qui boucherait les pores.
- Le pastis: On mélange 15% de saumure à 85% de CO2 pour que cela diffuse plus uniformément donc mieux dans la roche.
- Le pousse-plume: Après l'injection du CO2, on remet 25% en masse de saumure pour faciliter la dissolution.
- La répartition: Utiliser plusieurs petits puits plutôt qu'un gros. Le coup du puits horizontal ça marche en offshore parce que de toutes façon ils doivent tous partir d'une plateforme sous-marine unique, donc on creuse déjà en biais à la base. Mais à terre on creuse droit.
Je retiens aussi que faire de la géothermie avec du CO2 comme fluide caloporteur à la place de l'eau = mauvaise idée. À 5% de fuite, c'est trois fois pire qu'une centrale à charbon au niveau émissions.
Sur la Conférence de Trondheim 2009 à laquelle j'avais fait un saut, je retiens les nouvelles estimation des capacités de stockage en gisement de gaz déplété par T. Aiken (IEA-GHG). En prenant en compte le rapprochement sources/puits, 11 Gt pour l'europe de l'ouest, 47 Gt à l'Est, 160 Gt pour le Monde.
On a aussi vu les belles images de soulèvement du sol à In Salah obtenues par interférométrie radar à ouverture synthétique (par satellite quoi). Ça monte de 5mm par an autour des sites d'injection, et par contre ça subside là où ils minent du gaz. Au niveau de la modélisation, toujours rien vu sur la dispersion du CO2 atmosphérique en fonction des vents et de la topographie. Il y a peut être un besoin de recherche là. J'ai ouï dire que les pétroliers s'intéressaient plus à la connaissance de la roche réservoir qu'à la couverture, au dam des stockeurs de CO2. Et aussi qu'à Ketzin, DE, où le projet de recherche s'est relativement bien passé, un facteur positif pour la communauté locale a été le maintien sur place de la caserne de pompiers.
J'ai rendu compte du 1er séminaire IEA GHG SRN organisé au CIRED avec le soutien de la Chaire CTSC. Le rapport du séminaire n'est pas encore publié en ligne, mais il sera envoyé aux membres de la Chaire dès que finalisé. Le guide de bonnes pratiques américain sur l'engagement des communautés locales a intéressé certains participants.